Psychothérapies

La psychothérapie cognitivo-comportementale est une thérapie axée sur les comportements, les sentiments et les pensées.
 
Elle permet au trichotillomane de prendre conscience de ses gestes afin de mieux les contrôler.
 
Des études montrent que le traitement le plus efficace est l’association d’une thérapie comportementale avec des antidépresseurs, qui s’avère d’une efficacité supérieure à la thérapie de soutien.
 
 
 

Les outils issus des thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont les suivants…

 

  • Le self-monitoring:

Par la collecte des cheveux arrachés : Il s’agit d’une tâche spécifique à la trichotillomanie. Le patient a pour consigne de collecter et de mettre dans une enveloppe journalière datée tous les cheveux qu’il s’arrache.
 
Il doit ensuite ramener ces enveloppes à la séance de thérapie. Effectuer cette tâche permet au patient notamment de réaliser l’ampleur de son comportement d’arrachage en ayant une idée précise du nombre de cheveux qu’il s’arrache.
 
De plus, réaliser cette tâche systématiquement augmente le coût comportemental de l’arrachage et entraîne un sentiment de honte à devoir révéler ce type d’information, ce qui en altère considérablement le plaisir ressenti.
 

  • Le développement de stratégie de coping:

À l’instar d’un programme de prévention de la rechute, il s’agit d’aider le patient à identifier puis à affronter les situations à risques, c’est-à-dire celles où il a tendance à ressentir de fortes envies de s’arracher les cheveux.
 
Ensuite, le thérapeute aide le patient à déterminer des stratégies comportementales et cognitives afin de pouvoir éviter de s’arracher les cheveux, ainsi qu’à développer son auto-efficacité.
 

  • L’identification des pensées automatiques:

Il s’agit notamment d’aider le patient à prendre conscience de ses monologues internes et de ses pensées automatiques, particulièrement lorsqu’il ressent une envie de s’arracher les cheveux (“Allez, je vais en arracher juste quelques uns, ça ne se verra pas, et puis c’est tellement bon, je peux bien faire ça après cette journée de travail…”). Il convient de sensibiliser le patient à être particulièrement attentif à ces pensées au moment de l’exposition aux situations à risques.
 

  • L’entretien motivationnel:

Développé dans le cadre des addictions par Miller et Rollnick (1991), il peut représenter un autre argument en faveur du statut d’addiction de la trichotillomanie, puisqu’il peut être appliqué d’une façon relativement classique à ce trouble. 
 
Lors de ces entretiens le patient est amené de façon ouverte et sans jugement à faire le point sur sa situation actuelle, ainsi que sur les conséquences de la trichotillomanie dans divers domaines de son existence (familiales, sociales, bien-être…). 
 
Le patient est ensuite invité à réfléchir notamment sur les éventuels coûts et bénéfices d’arrêter de s’arracher les cheveux. Le thérapeute également suggérer au patient d’imaginer sa vie future, en continuant ou non de s’arracher les cheveux, et de considérer les conséquences probables sur son avenir de ces deux alternatives.

 

  • L’entraînement à la relaxation:

Pour les patients chez qui l’arrachage de cheveux a tendance à se produire face à une situation stressante, l’apprentissage de techniques de relaxation peut aider à prévenir la réponse comportementale d’arrachage.
 
 La plupart des techniques classiques de relaxation utilisées en thérapie cognitive et comportementale (Jacobson, Schultz, respiration ventrale…) peuvent être utilisées, selon les dispositions du patient.
 

  • L’affirmation de soi:

En accord avec les recherches de Marcks, Woods et Ridosko (2005), il semble que le fait de vouloir cacher la trichotillomanie à l’entourage soit socialement mal perçu, et que l’assumer puisse avoir des conséquences sociales plus favorables pour la personne.
 
Il s’agit donc d’aider le patient à assumer ce trouble en cessant de masquer la zone dégarnie, notamment en l’aidant à acquérir les compétences sociales lui permettant de faire face aux éventuelles critiques. 
 
Il serait donc intéressant de développer des séances-types d’affirmation de soi adaptée au thème de la trichotillomanie, axée sur les situations sociales problématiques probables que les patients peuvent rencontrer.
 
De plus, le fait de ne pas chercher à masquer la trichotillomanie peut favoriser la recherche de support social et l’affiliation, et donc enrichir les moyens de coping de la personne. Les dernières recherches sur les arrachages automatiques ou focalisés permettent de saisir toute la pertinence des techniques suivantes pour la prise en charge de la trichotillomanie.
 

  • L’entraînement à la prise de conscience:

Cette technique a pour objectif de prévenir l’arrachage automatique des cheveux en provoquant une prise de conscience de celui-ci. Le patient a pour consigne de focaliser son attention sur sa main dès qu’elle entre en contact avec les cheveux et la zone d’arrachage, et de se concentrer sur les sensations tactiles.

Là aussi, concentrer son attention sur l’arrachage augmente le coût cognitif de celui-ci et en altère le plaisir.

 

  • Le contrôle de la réponse:

  • Lorsque le patient ressent une envie pressante de s’arracher les cheveux, il doit produire une réponse comportementale antagoniste, incompatible avec la réalisation de celui-ci. Ce peut être par exemple de serrer les points très fortement pendant trois minutes. L’objectif est ici de gérer les envies d’arrachage.
    Sur certains trichotillomanes, l’hypnothérapie peut également avoir des effets positifs, mais aucune étude contrôlée ne permet de l’affirmer avec certitude.